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CRITIQUE, concert. ORLÉANS, Théâtre, le 7 juin 2026. FAURÉ

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CRITIQUE, concert. ORLÉANS, Théâtre, le 7 juin 2026. FAURÉ

11 juin 2026 Admin_OSO Comments Off

Journal “Classique news
ParAlexandre Pham

11 juin 2026

L’Orchestre Symphonique d’Orléans Photo © classiquenews

L’Orchestre Symphonique d’Orléans offre un superbe programme Fauré ce dimanche 7 juin dans une réalisation très convaincante. La suite des pièces abordées s’affirme dans une série généreuse et diverses comprenant plusieurs significative, très emblématique de l’orchestrateur Fauré, génie de mélodie suave et raffinée, réussissant autant dans le brio narratif (Dolly) que la douceur enivrée, spirituelle (Cantique de Jean Racine, le Requiem). Les interprètes ajoute une pièce rarement jouée dans une version plus méconnue encore, l’Aubade (ultime pièce).

La Suite Dolly opus 56, originellement pour piano, manifeste le goût de Fauré pour la légèreté et l’élégance. L’orchestration de Rabaud en 1905 (qui succède à Fauré au poste de Directeur du Conservatoire en 1920, respecte l’inspiration diaphane et millimétrée de Fauré.
Les 6 séquences enchaînées (Berceuse, Mi-a-ou, Le jardin de Dolly, Kitty Valse, Tendresse, Le Pas espagnol) déploie un sentiment d’insouciance heureuse proche de l’enfance (tout ici est dédié à sa jeune dédicataire, Hélène dite « Dolly » selon le surnom choisira sa mère, Emma Bardac, seconde épouse de Debussy)… Le chef Marius Stieghorst et les instrumentistes apportent détail et flexibilité dans le jeu des timbres enchainés (dans la Berceuse initiale, la mélodie circule tour à tour, faisant se succéder flûte, hautbois puis cor – du reste ce dernier, tout au long du programme, particulièrement sollicité, est magnifiquement réalisé par le premier cor)…

Dans cette quête hédoniste du beau son, la harpe s’invite aussi, dans un équilibre rayonnant, entre transparence et pudeur, évitant toute vacuité artificielle. Orchestre et chef, très investis, comprennent parfaitement l’essence fauréenne entre puissance et délicatesse, surtout poésie de mélodie d’une suavité subtile (finesse suggestive des trombones à la fin de « Tendresse » justement). Jusqu’au dernier éclat hispanisant d’une fête ou feria, elle aussi gorgée de soleil et de rythmes électriques… de fait, dans le geste très juste de l’Orchestre, c’est toute l’Espagne de Chabrier qui surgit subitement, – hommage délicat là encore de Fauré à son confrère et ami.

On passe ainsi d’une pièce à l’autre, – haute spiritualité, aussi mystérieuse qu’elle est épurée du Cantique de Jean Racine ; enivrement à deux voix solistes d’ »Après un rêve », où les chanteurs Daphne Corregan et Virgile Frannais que l’on retrouve dans le Requiem, dialoguent d’un côté et de de l’autre de la salle…

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